Le Kenya exporte des millions de tonnes de nourriture tout en recourant à l'aide alimentaire


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Aussi surprenant que cela puisse sembler, le Kenya exporte pour près de 3 milliards de dollars de nourriture tous les ans!

Selon le programme alimentaire mondial, le Kenya a un besoin annuel de 300 million de dollars US en aide alimentaire, tandis que les exportateurs se ventent d'un peu moins de 3 milliard de dollars US d'exportations de produits animaux et végétaux en 2010.
La culture des fruits, légumes et fleurs a rapporté à elle seule plus d'1 milliard de dollars US en 2011.

Pour chaque dollar reçu par le Kenya en aide alimentaire, il exporte pour près de 10 dollars de nourriture! Comment est-ce possible?

  • Alors que les terres cultivables du Kenya sont extrêmement rare (moins de 10% de la surface totale) et que plus d'1 million de personne dans le pays reçoivent l'aide alimentaire chaque année?
  • Dans un pays connaissant une pauvreté massive, où vont ces 3 milliard de dollars US?
  • Pourquoi un pays qui peut produire autant de nourriture et l'EXPORTER a-t-il besoin d'aide alimentaire chaque année?

Vous pouvez retournez les chiffres dans tous les sens, le Kenya exporte énormément de nourriture. Dans un monde juste, le pays devrait être riche et un seul enfant affamé faire la une des journaux. Au lieu de cela, le Kenya est un pays où des millions de personnes survivent à peine avec moins d'un dollar par jour.

Prenons le temps de réaliser. L'absurdité de la situation défie la raison.

En fait, les entreprises qui exportent cette nourriture, les fleurs et le café, sont pour la plupart aux mains d'étrangers. Ces 3 milliard de dollars, dans leur très grandes majorité, ne restent pas au Kenya. Le salaire minimum kenyan est d'environ 2 dollars par jour. Cela n'est pas suffisant pour scolariser vos enfants et améliorer votre foyer. Ainsi, des nombreux kenyans employés par ces entreprises exportatrices, peu y trouvent de quoi sortir de la pauvreté extrême. Travailleurs pauvres, avec peu d'avantage sociaux, beaucoup de kenyans sont prisonniers de ses mauvais emplois sans pouvoir épargner d'argent.

Le Kenya devient-il une république bananière, à l'exemple d'autres pays pauvres comme le Guatemala?

Comment les politiciens du Kenya permettent-ils une telle situation? Les ministres de l'agriculture au Kenya favorisent depuis longtemps les multinationales au détriment de leur population. William Ruto, le précédant ministre de l'agriculture, a été impliqué dans de nombreux scandales et est sous le coup d'accusations du tribunal pénal international (TPI) pour crimes contre l'humanité.

Alors que se passe-t-il? Le libre court du capitalisme sans entrave? Une multinationale peut acheter des immensités de terres arables du Kenya, payer aux populations locales des salaires de misère pour les cultiver, corrompre les politiciens et ramasser des millions en bénéfices.

Comment les ONG et les autres organisations de solidarité internationale peuvent-elles constater les exportations massives du Kenya et continuer à y envoyer de la nourriture?

Alan Coyne, un professionnel de la solidarité internationale et un militant pour les droits humains, donne à ces organisations de solidarité internationale le bénéfice du doute en affirmant, "La corruption au Kenya est tellement enracinée que les organisations telles que le PNUD ne peuvent rien contre. Alors elles se contentent de donner de la nourriture. Le problème est au-delà de la corruption, c'est la façon dont le pouvoir politique lui-même et la propriété de la terre sont transmis de génération en génération."

Effectivement, l'homme le plus riche du Kenya est Uhuru Kenyata, le fils du premier président, d'après Forbes 2012 possède 2 000 km carrés, l'équivalent d'un 6è de la province centrale du Kenya. Il est candidat à la présidentielle de 2013 tout en étant accusé par le TPI de crimes contre l'humanité.

D'après le rapport sur la criminalité financière de la multinationale spécialisée en expertise comptable Price Waterhouse Coopers, (2011), le Kenya est le pays le plus corrompu du monde sur le plan économique; oui, devant le Nigeria et le Mexique. Transparency International classe également le Kenya parmi les payas les plus corrompus de la planète. De plus, d'après les indicateurs de développements humains de l'ONU, le Kenya as les inégalités les plus importantes d'Afrique.

Cependant, quelque soit l'historique de cette situation, les solutions mises en oeuvre actuellement, comme l'aide alimentaire, ne permettent pas de résoudre le problème de la faim au Kenya.

Mais alors, qu'elles peuvent être les solutions?

  1. S'attaquer à la corruption comme la cause majeure de tous les problèmes de développement au Kenya. Former et appuyer les citoyens kenyans à s'impliquer pour mettre fin à leur exploitation et avoir accès aux terres pour pouvoir se nourrir eux-mêmes. Le Kenya a besoin de leaders soucieux du bien commun et qui rendent des comptes : comment les Etats-Unis et le Japon subventionnent leur agriculture et limitent les importations de nourriture.
  2. Les kenyans doivent reprendre la production agricole des mains des sociétés étrangères et l'organiser en coopératives comme la Rumuruti Forest Association.
  3. Les entreprises locales doivent s'assurer que l'économie du pays est en majorité aux main des kényans et instaurer une responsabilité sociétale garantissant l'auto-suffisance alimentaire du pays.
  4. Arrêter l'aide alimentaire internationale! L'aide alimentaire pour le Kenya doit venir du Kenya, un point c'est tout! De toute évidence, les quantités de nourriture produite au Kenya suffisent pour nourrir les kényans. De plus, l'aide alimentaire empêche l'accès au marché aux producteurs locaux.
  5. Concevoir et mettre en place au Kenya des monnaies complémentaires à l'échelle régionale et nationale afin de susciter et dynamiser les entreprises locales, à l'exemple du WIR en Suisse.
  6. Les fonds de la solidarité internationale doivent être dédiés uniquement à combattre la corruption, créer des coopératives et soutenir les entreprises locales.

Arrêtons cette situation absurde qui fait souffrir tant de gens!